Le texte s’adresse à tous ces salariés qui pensent que les employeurs africains sont des démons, des sadiques, des vampires qui cherchent à les exploiter perpétuellement.

Vous comprendrez pourquoi malgré le soutien du président américain JOE BIDEN, les syndicats américains ont perdu face à Amazon.

LES DOCTRINES SOCIALES :

La société de l’Europe du 19e siècle dans le contexte de la révolution industrielle a révélé la précarité des conditions sociales, surtout pour les ouvriers. Ces derniers commencent à s’organiser pour défendre leurs intérêts.

Des premières formes de lutte syndicales ont abouti à une revendication organisée et à la naissance des premiers partis politiques. De l’Angleterre en direction du reste de l’Europe et du monde, Ia revendication des syndicats comme des partis politiques prend plusieurs formes et aboutit à différents résultats.

LE SYNDICALISME

Son origine et définition

Il est possible de décrire l’histoire du mouvement syndical selon une démarche ternaire : sa naissance s’opère dans une période où il lui faut faire reconnaître sa légalité. Ensuite son essor se réalise dans le cadre d’une législation qui définit sa nature et son domaine d’intervention. Son institutionnalisation se marque enfin parfois par une consécration constitutionnelle au plan national et plus généralement par la mise en place à différents niveaux – y compris au niveau international avec l’Organisation Internationale du Travail (O.I.T.) – de structures tripartites.

Par essence le syndicat est une organisation de travailleurs d’une même profession luttant pour l’amélioration des conditions de vie et de travail de ses membres. Le syndicalisme est apparu progressivement, parce que les ouvriers menaient des luttes inorganisées, sauvages, violentes et agressives.

Vers 1830 les premières formes de lutte syndicale se révèlent à travers Ie mouvement des canuts de Lyon en 1831 et Ie mouvement des chartistes anglais en 1937.

La modification du capitalisme dans la seconde moitié du 19e siècle avait poussé les patrons à lancer une politique d’exploitation exagérée de la classe ouvrière. La précarité s’accentuait : les salaires de misères, des conditions de travail difficiles, les risques d’accidents, le mépris des patrons…

Aussi, le travail n’était plus sécurisé à cause des compressions et des fermetures d’usines entre 1875 et 1993. En effet, cette période est marquée par une crise du système capitaliste qui ne pense qu’à fructifier son capital. Les travailleurs sont dans l’obligation de s’organiser. Vous comprendrez comment la machine Amazon peut pousser un employé surexploité à refuser la liberté avec pour crainte qu’il ne connaît pas ce que le sauveteur fera de lui une fois libre.

LES COURANTS DE LA LUTTE SYNDICALE

Les méthodes étant différentes de même que les objectifs, on peut considérer deux courants de la lutte syndicale.

Le Courant réformiste

ll préfère la concertation, voire Ia collaboration avec les patrons pour trouver une solution aux problèmes des ouvriers. Reforme après reforme, les travailleurs obtiennent des acquis. Ce type de syndicat a vu le jour en Angleterre avec les Trade-Union

Le Courant révolutionnaire

ll s’oppose à la coopération avec le patron. Selon les révolutionnaires, les ouvrières doivent créer le rapport de force qui leur serait favorable. Les moyens utilisés sont les boycotts, les grèves, les manifestations spontanées etc… Une branche radicale du courant révolutionnaire préconise de s’attaquer directement aux patrons et aux outils de travail (anarcho-syndicalisme)

 LES OBJECTIFS DE LA LUTTE SYNDICALE

L’action syndicale vise l’amélioration matérielle et morale de la condition des travailleurs. Les ouvriers demandent des droits : Ie droit de grève, le droit de s’indiquer, Ie droit au logement, la diminution des heures de travail, la suppression du travail des enfants, la réglementation du travail des femmes, la protection sociale, les indemnités en cas d’accident, Ia caisse de retraite et l’assurance maladie.
NAISSANCE DU MOUVEMENT SYNDICAL

Plantons le décor afin que vous puissiez bien comprendre les enjeux. Trois caractéristiques marquent l’histoire du mouvement syndical ouvrier dans les grandes nations occidentales, les premières à s’industrialiser :

1 – une série de révoltes ouvrières.

2- la lutte pour imposer une reconnaissance légale,

3 – les efforts pour trouver des formes d’organisation originales.

Comme Partout, les premières manifestations spécifiquement ouvrières sont violentes. Car à cette époque les travailleurs savaient identifier les menaces. Ils apercevaient les nouvelles machines comme créatrices de chômage. Par contre aujourd’hui au non de l’innovation et des avancées technologiques, nous acclamons les entreprises qui remplacent les salariés par des robots. Ce phénomène n’est pas nouveau, nous le vivons de jour en jour au point où l’ordinateur contrôle les humains et ils ne trouvent absolument rien d’anormal dans cette situation étrange…vous le comprendrez à la suite de ce texte. Les choses sont allées si loin qu’un ordinateur demande à un humain de toucher sur un écran pour qu’il se rassure qu’il n’est pas un robot et ce dernier le fait sans se poser la simple question…de nous deux qui est le robot ?

Au début de l’industrialisation, presque tous les pays s’éveillant à l’industrie connaissent des troubles analogues au « luddisme » (du nom de Ludd, qui participa au bris de machines et aux émeutes survenus en 1811 dans les Midlands aux USA). Mais, bien plus encore, l’exploitation qui n’est contestée par personne et la misère ouvrière qui caractérisent la première phase du capitalisme et que révèlent en Grande-Bretagne les rapports des inspecteurs de fabrique ou en France les enquêtes ouvrières comme celle du docteur Villerme se traduisent par des révoltes réprimées avec violence. Celle des canuts de la Croix-Rousse à Lyon (1831) est l’une des plus célèbres. La classe ouvrière cherche aussi parfois une issue à ses problèmes dans l’agitation politique, comme en Grande-Bretagne avec le mouvement chartiste.

UNE AUTRE FORME D’ESCLAVAGE

Chez-nous, les salariés passent le clair de leur temps à jouer aux cartes ou à surfer  sur les réseaux sociaux toute la journée; à la fin du mois ils sont les premiers à plier le visage pour demander leur salaire comme si durant leur temps d’oisiveté l’argent se travaillait seul.

Lisons le calvaire de certains employés d’Amazone la société que beaucoup admirent.

« Je suis fatigué avant même de partir de chez moi. » Malgré la démotivation, Perry Connelly garde un regard chaleureux et une voix calme quand il parle de ses longues journées chez Amazon. Cet Afro-Américain de 58 ans est water spider (« araignée d’eau ») dans le centre de distribution BHM1 de Bessemer, ville industrielle d’Alabama, où le géant de l’e-commerce s’est implanté en mars 2020 pour faire face au boom de la demande pendant la pandémie. Entre 6h45 et 17h15, dans cette gigantesque structure de trois étages aux allures de supermarché, il s’assure que les produits commandés par les clients arrivent entre les mains de ses collègues pour être traités.
Certains en rejoignant Amazon, étaient loin de se douter que les conditions de travail seraient aussi dures. La température dans les locaux mal ventilés, bourrés de tapis roulants et de robots en tout genre. Surtout, comme au temps de l’esclavage, tous les travailleurs se sentent surveillé dès qu’ils pénètrent dans le hall d’entrée. Ils sont soumis au dispositif du « Time off Task » (ToT), qui mesure la productivité. Si celle-ci ralentit trop, le salarié risque le licenciement du jour au lendemain, comme le prévoit la loi d’Alabama. Ce qui est d’autant remarquable est que le compteur tourne même quand il faut aller aux toilettes. « Il n’y a qu’un seul urinoir et une seule cabine de toilette au rez-de-chaussée. S’ils sont occupés, il faut attendre. Parfois, ils ne marchent pas et il faut aller à un autre étage. » Ce qui n’est pas une mince affaire quand on sait qu’il faut de longues minutes pour se déplacer dans cet entrepôt grand comme plusieurs terrains de football. « Entre les tâches physiques de la journée et la pression du temps, c’est comme si on faisait du sport pendant dix heures tous les jours ! » déclare Perry un travailleur chez Amazon.

Pour certains travailleurs, les choses les plus insupportable au système TOT, c’est que les heures supplémentaires sont parfois annoncées à la dernière minute ce qui compliquent la garde d’enfants pour ceux qui en possèdent, et beaucoup ont un ras-le-bol de voir ses tâches déterminées et chronométrées par un algorithme. « Je ne comprendrai jamais comment une personne saine d’esprit peut organiser un système pareil et s’attendre à ce que les gens vivent une vie épanouie. Avec des journées de dix, onze, douze heures, comment on fait pour la famille ? On s’inquiète des enfants qui traînent dehors, mais le système est-il conçu pour que le père et la mère soient à la maison pour eux ? » s’interroge Danny Glover.

Le fait que le PDG Jeff Bezos se soit grandement enrichi pendant la crise sanitaire et que 80 % des employés de BHM1 soient noirs et issus d’un État très républicain (l’Alabama) n’y est pas étranger. « C’est une initiative importante », juge Keri Leigh Merritt, historienne spécialiste du droit du travail dans le sud des États-Unis. « À cause de l’héritage esclavagiste, les protections sociales sont très faibles dans le Sud, alors que la région est très pauvre et les salaires sont bas. L’absence historique de compensations et l’action des élites blanches font que l’esclavage s’est perpétué sous des formes différentes. »

Pour ceux qui prennent Amazone et son fondateur comme des modèles ils doivent être en mesure de faire le même travail sans se plaindre. Suite à de nombreuses revendications, beaucoup de vedettes hollywoodiennes, journalistes, dirigeants politiques…tout le monde a souhaité la création d’une section syndicale dans l’entrepôt Amazon de Bessemer, en Alabama.

Lorsqu’on dit tout le monde…sans doute vous vous demandez mais pourquoi le non a été voté?

Il faut comprendre que tout le monde le voulait sauf les ouvriers du site, qui ont massivement voté contre cette implantation d’un syndicat dans l’usine où ils sont traités comme des esclaves.

Sans doute vous comprendrez qu’il y a eu des pressions, mais les pressions exercées par l’entreprise lors de la campagne suffisent-elles à expliquer ce résultat ?

Vous direz sans doute comme beaucoup que c’est un combat « DAVID contre Goliath ». Mais si, dans la Bible, le petit David finit par vaincre le géant Goliath, chez Amazon Goliath écrase David. Sur les 5 805 employés que compte ce site de huit hectares, seuls 738 ont voté « oui », et 1 798 « non ».

Ceci n’est pas la première fois que le mastodonte de la vente en ligne confirme ainsi son statut de forteresse imprenable pour les organisations de travailleurs. Une précédente tentative en 2014 dans le Delaware avait toujours été un échec.

Étant donné le passé esclavagiste des États-Unis, l’implantation d’un syndicat dans une entreprise est encore plus difficile que rassembler des gens pour aller bombarder un peuple inoffensif.

Pour mettre sur pied un syndicat dans une entreprise la Retail, Wholesale Department Store Union (RWDSU) le syndicat de la grande distribution, doit d’abord prouver à l’agence fédérale chargée du droit du travail, le National Labor Relations Board (NLRB), que 30 % des travailleurs du site désirent la création d’une section. Une fois cette étape franchie, et au terme d’une âpre campagne, un référendum est organisé. Le combat se mène usine par usine, hypermarché par hypermarché, fast-food par fast-food : si le « oui » l’avait emporté à Bessemer, cela n’aurait pas changé la situation des autres entrepôts Amazon mais au moins ça aurait donné un signal très fort aux autres entrepôts. Pour les salariés, s’engager dans une telle démarche implique une bataille longue et ardue, avec, en cas de défaite, des représailles contre ceux qui ont sollicité l’aide du syndicat — souvent un licenciement.

Pour ceux qui le connaissent, le système capitaliste des États-Unis est un système de prédation, où l’exploitation de l’Homme par L’Homme est poussé au sommet de sa machine. C’est pourquoi dans ce pays seuls 6,3% des salariés du privé sont syndiqués.

Ces vingt dernières années, Amazon a construit dans le pays cent dix centres de la taille de BHM1, et elle prévoit d’en bâtir trente-trois autres.

Avec près d’un million de personnes à son service, soit près d’un actif sur cent cinquante, l’entreprise est le deuxième employeur privé au niveau national (elle devrait dépasser la chaîne d’hypermarchés Walmart d’ici deux ans). La crise sanitaire, avec le développement massif des achats en ligne, a encore dopé ses activités, au point qu’il est difficile de mesurer le rythme auquel Amazon recrute aujourd’hui. Les embauches sont d’autant plus aisées que le virus a brutalement mis au chômage des millions d’actifs. Une situation sans précédent, selon les historiens — sauf peut-être au début des années 1940, quand les industries recrutaient à tour de bras pour soutenir l’effort de guerre.

RECOMPOSITION DU TERRITOIRE DES ÉTATS-UNIS

Pour décrire l’importance prise par l’entreprise, certains journalistes parlent d’un « effet Amazon » qui recompose le territoire américain selon une hiérarchie à trois niveaux : au sommet, « les villes qui hébergent les quartiers généraux d’Amazon et les emplois bien payés, à hauts diplômes », comme Seattle, Washington ou Boston ; puis les « villes d’entrepôts », qui obtiennent « la manutention et les emplois nettement moins bien payés » ; et enfin le reste du pays, où le commerce local est plombé par l’essor des achats en ligne, sans aucune création d’emplois en contrepartie, si ce n’est des postes de livreurs. Bessemer appartient à la deuxième catégorie : les villes d’entrepôts.

Emblématique des petits centres industriels en déclin.

Sachant que les villes en crise se plieront en quatre pour attirer les entreprises, Amazon en connaissance de cause ne choisit que ces genres de ville en quasi faillite pour s’installer. Elle (Amazon) en profite pour avoir des coûts de fiscalités réduites. Comme quoi tout est calculé. Pour le cas de Bessemer, c’est parce que la ville, c’est parce que offre des crédits d’impôts compétitifs, des baux commerciaux abordables, une main-d’œuvre expérimentée et un faible coût qu’elle attire les entreprises, dont Amazon

Voici encore comment Amazon à jouer sur les salariés 

Elle (Amazone) sait que l’État d’Alabama fait partie du club des vingt-sept right-to-work states (« États du droit au travail »), où la loi autorise les salariés à ne pas verser de cotisations, une loi qui est faite exprès pour affaiblir de fait la trésorerie des organisations de travailleurs qui réussiront à s’organiser.

Cette législation et la fiscalité très favorables aux entreprises ont encouragé l’installation de grands groupes automobiles, notamment allemands et japonais, avec, dans leur sillage, tout un écosystème de sous-traitance.

L’Alabama présente ainsi l’originalité d’abriter la seule usine Mercedes non syndiquée du monde. Pour comprendre la symbolique qui s’y cache, il faut comprendre le poids du syndicat en Allemagne.

En Allemagne, les conditions de travail et les salaires relèvent de la seule compétence des partenaires sociaux, qui négocient branche par branche. Cette approche de la démocratie sociale, manifestation du principe de subsidiarité, est inscrite dans la loi fondamentale et a favorisé le développement de syndicats puissants et représentatifs. La Confédération syndicale allemande DGB (Deutscher Gewerkschaftsbund) compte plus de six millions de membres ; quant au taux de syndicalisation, il est actuellement de 20%, soit le triple de celui dans certains pays. Mais à eux seuls, les chiffres ne suffisent pas à expliquer cette “puissance” attribuée aux syndicats Allemands.

Leur importance découle plutôt de leur rôle institutionnel spécifique qui fait d’eux des acteurs à part entière dans le jeu collectif de la prise de décision politique : ils sont co-responsables, avec leurs homologues patronaux et les pouvoirs publics, de la définition des conditions économiques et sociales réservées à l’activité ; et ce en amont de l’État responsable de l’ordre public social. En Allemagne, le politique et la société civile se partagent le pouvoir grâce à une coopération institutionnalisée. Et voilà comment Mercedes qui est une société issue d’un pays avec une très forte puissance des syndicats réussies l’exploit d’avoir leur seule usine au monde avec des salaries non s’indiqués…c’est joli ça ?

En se basant sur ce contexte, la campagne lancée à Bessemer a été une surprise : BHM1 est un entrepôt neuf (il a ouvert en mars 2020) ; il offre six mille emplois dont les salaires démarrent à 15,30 dollars de l’heure, soit deux fois le salaire minimum en Alabama. Un peu moins bien qu’un poste dans une usine automobile, mais mieux que chez Walmart (11 dollars de l’heure) ou dans un fast-food (où la paie tend à s’aligner sur le salaire minimum). Amazon propose en outre une couverture santé dès le premier jour de travail, ce qui est loin d’être la règle dans le secteur privé aux États-Unis il faut comprendre qu’ils ne font pas ceci par générosité envers les salariés, c’est de la pure prospection.

Pendant cette campagne, les syndicalistes ont reçu le soutien d’un bon nombre de personnalités; sauf que dans le système américain, le nombre n’est pas la garantie que tout va basculer.

Dans cette démarche de lutte syndicaliste, l’acteur Danny Glover qui est un fervent défenseur a apporté tout sont soutient aux syndicalistes et ne manquait pas donner des signaux forts. Par exemple, il arborait parfois une casquette des Newark Eagles, une franchise de la Negro National League, la ligue de base-ball réservée aux Noirs du temps de la ségrégation. Il motivait régulièrement et racontait parfois son histoire en citant des moments graves, en évoquant ses ancêtres nés esclaves à Louisville, dans la Georgie voisine, et ses grands-parents métayers, qui ramassaient le coton pour un propriétaire blanc; comment sa grand-mère passait outre les convenances et les menaces des propriétaires en envoyant ses enfants à l’école au lieu de les faire travailler aux champs. Il racontait également comment sa mère, a avait quitté la Géorgie pour San Francisco et devint postière. Il remémorait ses souvenirs, l’ambiance frondeuse qui régnait chez eux. Il racontait aussi comment adolescent, il lisait dans les journaux les histoires des militants noirs du Sud qui « défendaient leurs droits » et s’accrochaient aux tabourets des restaurants réservés aux Blancs et tous ces noirs étaient ses héros.

L’une des choses qui intrigue et qui devaient interpeler les entrepreneurs Africains est que malgré son gigantisme, et tous les chiffres que fait Amazon, elle se considère toujours comme la « jeune pousse » des débuts, la start-up du « premier jour ». « Passer au deuxième jour signifierait la stase. Suivie de l’inutilité. Suivie d’un lent, douloureux déclin. Suivi de la mort.

Cette posture Jeff Bezos, (également propriétaire du Washington Post) en 2016 dans une lettre aux actionnaires déclarait ceci « chez Amazon, nous en serons toujours au premier jour », entendre par là que chaque jour il travaille comme si c’était les premiers jours de lancement où il fallait travailler jour et nuit pour faire la startup tenir le cap. Ceci doit être adapté par toutes les startups africaines car à peine nous avons cent million de francs CFA comme chiffre d’affaire qu’on se voit déjà comme une licorne de notre marché et trouver que nous devons lancer la phase deux ou faire un deuxième tour de table de lever de fond. Pour couronner nous invitons des chaînes de télé étrangères (exemple l’émission réussite de canal+) pour faire un reportage sur nous en tant que startup symbole de réussite.

Pour maintenir cette atmosphère fiévreuse, l’entreprise doit sans relâche augmenter la productivité et diminuer le coût du travail. Dès lors, elle perçoit l’irruption d’un contre-pouvoir comme une menace existentielle.

ENTRE ESPRIT DE CORPS ET RIVALITÉ CHRONOMÉTRÉE.

Amazone afin de pousser les salariés à bloc organise une compétition tout le temps. Celui qui a placé le plus de produits sur les rayons, ils lui offrent quinze minutes de pause supplémentaires, ou un tee-shirt. » Avant le référendum sur le syndicat, Ils proposaient une prime de démission, afin que les employés mécontents ne participent pas au vote. Et pendant la campagne, ils ont viré des centaines de personnes une façon très dissuasive de dire nous avons tous les pouvoirs.

C’est tout de même étonnant que dans ce comté aussi conservateur, que plus de quatre électeurs afro-américains sur dix aient donné leur voix à M. Donald Trump en 2016 et en 2020, les militants syndicaux sachant cela ont néanmoins tenu à inscrire leur démarche dans la continuité des luttes pour les droits civiques du pasteur Martin Luther King et du mouvement Black Lives Matter (« Les vies des Noirs comptent » un mouvement qui me fait toujours rire.), dénonçant l’hypocrisie d’Amazon sur ces sujets.

Pour bien se poquer de la vie des noirs Ils essaient de faire croire qu’ils s’en soucient, surtout au sujet de Martin Luther King. Ils ont des brochures et des photos de lui dans les couloirs.

Sachant que les noirs sont majoritaires au sein de l’usine, Les références à King sont omniprésentes dans la région.

QUAND LA POLITIQUE S’Y MÊLE

Pour soutenir la démarche des syndicalistes les démocrates de haut rang (élus au Congrès, leaders religieux influents…) se sont succédé à Bessemer avant le scrutin chez Amazon. Certains sont allé jusqu’à comparer Jeff Bezos à un planteur, et les conditions de travail dans les entrepôts (chaleur et cadence, notamment) à celles des champs de coton. Ces discours enflammés n’ont pas du tout convaincu la main-d’œuvre. (à 85 % noire, selon les estimations du syndicat)

De puissants syndicats, comme ceux des joueurs de la ligue professionnelle de football américain (NFL) ou des scénaristes de Hollywood, mais aussi des artistes, des universitaires, ont soutenu l’initiative. Même le président Joseph Biden, avait publiquement pris position deux semaines avant la clôture du scrutin — un soutien inédit de la part d’un locataire de la Maison Blanche depuis Franklin Roosevelt. Tout se soutient, c’était sans connaître nos frères qui malgré leur souffrance atroce refusent catégoriquement de prendre leur liberté.

REPRÉSAILLES ET LICENCIEMENTS ABUSIFS

Pendant la campagne, certains pensaient que grâce à certaines situations telles que la pandémie, la présence des médias et l’agitation syndicale devant l’usine le soutient des acteurs de Hollywood des démocrates et du président Joseph Biden, la victoire du « oui » devait l’emporter

C’est ici que vous comprenez que face aux intérêts des entreprises occidentales, ils utilisent tous les moyens possibles pour ne pas fléchir. On peut bien imaginer que face à cette situation, ils ont utilisé leurs moyens illimités et tout le raffinement technologique dont il dispose pour influencer les salariés. Derrière les portes de l’entrepôt, le management organisait des « sessions d’information » collectives et obligatoires sur les conséquences de l’implantation d’un syndicat dans l’usine, et les téléphones des employés etait bombardés de textos décrivant le syndicat comme un envahisseur. « Ne laissez pas des étrangers diviser une équipe qui gagne ! Nous pensons que vous ne devriez pas payer un intermédiaire pour qu’il s’exprime à votre place, ni payer des cotisations pour obtenir ce que vous avez déjà gratuitement », pouvait-on lire sur la capture d’écran fournie par un employé.

Dans la même lancée, Amazon a également recruté dans l’entrepôt, des consultants spécialisés (à plusieurs milliers de dollars par jour), les fameuses unions busters (« chasseurs de syndicats »).

Ils ont pris soin de faire circuler des rumeurs terrifiantes selon lesquelles Amazone pourrait fermer son usine en cas de « trahison » des salariés (on comprend jusqu’à quel point ils sont capable d’aller pour leur intérêt) — ceci était dans le but de faire vivre aux salariés l’image de Walmart, qui avait décidé en 2009 de cesser ses activités à Jonquière, au Canada, après la constitution d’un syndicat.

Ses intérêts étant en jeu, la multinationale n’a pas hésité à enfreindre le droit du travail pour briser la campagne ; (ils préfèrent payer une amende au lieu de céder.). Des témoignages d’anciens employés ayant tenté de syndiquer leur entrepôt dans le Delaware et en Virginie évoquent un comportement brutal, des menaces et des représailles, dont des licenciements abusifs, comme celui d’un employé en arrêt-maladie pour une chirurgie du genou.

Après de multiples violations du droit du travail en Virginie, la sanction des autorités, après enquête, a été d’obliger Amazon à afficher en salle de réunion, sur une feuille de format A4, une liste d’actions qu’elle s’engageait à ne pas commettre.

« Nous ne vous menacerons pas de vous licencier ; nous ne vous interrogerons pas sur vos activités syndicales ; nous ne vous surveillerons pas ; nous ne vous menacerons pas de représailles. »
Une sanction digne des dessins animés qui après lecture, on se demande si nous sommes dans les dessins animés, car ce document qui était censé rassurer les employés, à la limite produisit plutôt l’effet inverse en soulignant, en creux, les risques auxquels s’exposent les frondeurs.

Lors de cette campagne, nombreux sont ces personnes qui étaient frustrées de ne pouvoir parler à des salariés de Bessemer, un journaliste américain s’est introduit sur le parking de l’entrepôt, quitte à se mettre en délicatesse avec la loi, pour tendre son micro au hasard.

Il est parvenu à interviewer quatre manutentionnaires avant de se faire expulser des abords de l’entrepôt par un agent de sécurité. Tous étaient noirs ; tous se préparaient à voter « non ». « Je suis plutôt contre, parce que je ne connais pas grand-chose aux syndicats, je n’ai jamais eu affaire à eux », lui a déclaré un autre salarié. Un autre a comparé le syndicat à un « voleur » désireux de lui prendre une partie de son argent durement gagné. C’était l’argument-phare utilisé par Amazon durant ses sessions d’information collectives ; l’entreprise a même créé un site Internet intitulé Do it Without Dues (« Pas besoin de cotisations »). Un troisième travailleur, plus âgé, a expliqué qu’il avait déjà vu la RWDSU en action dans un emploi précédent, mais que cela n’avait pas amélioré sa situation. Un dernier arborait autour du cou une chaîne de pin’s en forme d’animaux appelant à voter « non ».

Pour tenir les employés dans une prison psychologique « [les manageurs] les distribuaient des petits pin’s que devaient porter tous les salariés au cou. » Les encadrants qui dispensaient les cours sur les syndicats étaient qualifiés de « cool », en rien menaçants : « Ils nous ont juste expliqués à quoi servait un syndicat. »

La diffusion de ces interviews a valu à Mike Elk des insultes sur les réseaux sociaux ; il a été accusé de rouler pour le patronat. Lui répond qu’il était crucial de « comprendre la psychologie des “anti”, le ressenti des ouvriers de l’usine », et qu’il ne roule pour personne, « sauf pour la vérité ».

Une opinion publique très favorable au « oui »

Qui sait s’il travaillera encore ici dans un an ? Pourquoi s’investir et risquer sa place pour un emploi dans lequel on ne se voit pas à moyen terme ? Dans le doute, les travailleurs de BHM1 ont peut-être eu peur d’avoir davantage à perdre (leur emploi, leur salaire, l’assurance-santé proposée par Amazon…) qu’à gagner (ils ne savaient pas quoi exactement.).
Pour expliquer la défaite de Bessemer, les militants ne cessent d’incriminer Amazon, ses menaces, ses intimidations. Courant mars, la Chambre des représentants a voté le Protecting the Right to Organize Act (« Protéger le droit de s’organiser »), ou PRO Act, qui vise justement à éliminer les pressions exercées par l’employeur lors des campagnes syndicales, en interdisant notamment les « sessions d’information » obligatoires.

QUAND AMAZONE TIENT SES ADVERSAIRES

Pour sortir de l’impasse, certains proposent de boycotter Amazon. Mais même ces militants enrichissent la multinationale sans le savoir, que ce soit en achetant en ligne chez un concurrent comme eBay, dont Amazon assure la livraison de produits, ou en utilisant Netflix ou Google, car Amazon Web Services alimente en énergie de vastes portions d’Internet et stocke leurs bases de données. Lors d’une vidéoconférence syndicale, le 6 mars, une militante s’étonnait qu’Amazon possède aussi la chaîne d’hypermarchés Whole Foods (spécialisée dans les produits bio et rachetée en 2017). Une autre a demandé comment « boycotter Amazon », sans savoir que le simple fait d’assister à cette réunion profitait à l’entreprise, dont Zoom dépend pour son nuage informatique. En situation de quasi-monopole — au pays de la libre concurrence… —, l’entreprise de Jeff Bezos est devenue presque impossible à éviter.

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Ernest TCHAKOUTE (Coach Ben)

Douala le 02/05/2021 — 00h32

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https://www.universalis.fr/encyclopedie/syndicalisme/1-histoire-du-mouvement-syndical/

https://www.vie-publique.fr/parole-dexpert/22050-pouvoir-et-responsabilite-des-syndicats-allemands

https://www.monde-diplomatique.fr/2021/05/ROBIN/63034