Certains de ceux qui me connaissent se demanderont peut-être : « Comment Monsieur TCHAKOUTE, le responsable de www.groupe-alliancegulf.com, une entreprise spécialisée dans le négoce de matières premières présente à Singapour, à l’Île Maurice, au Cameroun, en Côte d’Ivoire, etc.
Ce monsieur, un modèle pour beaucoup, qui vient de lancer un MASTERMIND sur l’intermédiation financière au prix de 2 500 000 FCFA, attirant pour ce premier groupe une vingtaine de participants ; lui qui a des projets de consultations et des marchés à la fois dans le négoce et l’intermédiation financière ; sans oublier qu’il possède le plus grand réseau de négociants africains et est en train de bâtir le plus vaste réseau d’intermédiaires financiers au monde, avec tous les marchés que son propre réseau peut lui apporter…
Comment peut-il voyager en transport en commun, comme un simple citoyen, autrement dit, comme un anonyme ?»
Ma réponse est simple. Avant d’être qui je suis aujourd’hui, je reste le fils d’un père et d’une mère.
Face à ces personnes, peu importe ma position, je demeure leur fils, et rien n y changera cela.
De plus, qui suis-je devant mes oncles, mes tantes ou mes grands-parents ? Pour preuve, lors des réunions, chacun vous ramène à votre plus simple expression, racontant votre enfance : comment vous aimiez jouer sous la pluie, ou comment vous faisiez des choses que tous nos enfants ou petits-enfants font aujourd’hui.
Alors, quand je me présente devant mes parents, grands-parents et ANCÊTRES, je me dois de me faire tout petit. Car ce sont eux qui ont forgé la personne que je suis devenue ; ce sont eux qui m’ont soutenue, guidée, conseillée durant mes phases d’apprentissage.
C’est pourquoi, en leur présence, je me dépouille de tous mes ornements, de tous mes attributs pompeux… j’y vais dans ma plus simple expression.
Je suis le plus humble possible.
Cet exercice me permet également de me fondre dans la masse, ce qui m’amène à réaliser l’ampleur du sacrifice et les contraintes qu’une personne s’impose lorsqu’elle vient me rendre visite. J’apprends ainsi à mieux apprécier les sacrifices des miens.
Car il faut bien l’admettre, avoir une vie comme la nôtre aujourd’hui nous coupe de la réalité. C’est pourquoi on nous pousse à vivre éternellement dans des « boîtes » afin de mieux nous couper ou nous isoler les uns des autres.
Le matin, je sors de la « boîte » qu’est ma maison, je ferme mon portail, j’entre dans ma voiture, une autre « boîte », et je me rends au bureau. Ici, il y a plusieurs « boîtes » : j’entre dans ma « boîte » qui est mon bureau ; parfois, je vais dans d’autres « boîtes » où se trouvent mes collaborateurs pour vérifier qu’ils sont bien à leur poste dans leur « boîte ». Le soir, j’entre dans la « boîte » qu’est ma voiture, rentre dans la « boîte » qu’est ma maison, et m’enferme pour ne sortir que le matin et reprendre la même routine pendant des années.
Il est donc parfois intéressant de laisser ces « boîtes » pour se plonger dans l’univers des autres. Cela permet de comprendre et de réappréhender la vie sous d’autres facettes.
Plus important encore, je ne dois pas faire comme si ce monde n’était pas le mien ! Ce n’est pas parce que je suis aujourd’hui ce que je suis que cela me retire pas d’où je viens, ni ne change qui j’étais avant d’arriver là où je suis aujourd’hui !
Voici pourquoi j’implique mes enfants.
Dans un monde où le confort matériel est souvent à portée de main, soustraire nos enfants au grand luxe pour les immerger dans une réalité plus commune est un cadeau inestimable.
Quand je regarde la fille de notre leader, une enfant qui a grandi dans une opulence insolente avec tous les moyens de l’État, voir ce qu’elle devient, ça fait réfléchir.
C’est pourquoi inciter mes enfants à se retrouver dans une situation inconfortable n’est pas une punition, mais une opportunité de développer leur personne et leur esprit de partage.
En se frottant à la vie quotidienne de ceux qui connaissent moins d’aisance, ils apprennent la valeur des choses simples et développent une empathie profonde.
Dans cette dynamique, ils découvrent la résilience face aux petites frustrations qui apparaissent dans la vie, l’ingéniosité face aux contraintes et la satisfaction de l’effort personnel.
Lorsqu’ils se fondent dans la masse, ça leur permet de comprendre que la richesse ne se mesure pas uniquement en biens matériels, mais aussi en relations humaines, en entraide et en débrouillardise.
Ils réalisent que le bonheur se trouve souvent dans des moments partagés, loin des écrans et des jouets sophistiqués.
Cette immersion dans ces conditions difficiles forge leur caractère, ce qui les ancre dans la réalité et les prépare à devenir des adultes plus conscients, plus humbles et plus à même d’apprécier la moindre chose qui leur tombe entre les mains.
Ensuite, ça permet de rester en contact avec l’être humain, ce dernier restera toujours essentiel.
Alors, si vous me croisez dans les rues de l’ouest du Cameroun, sachez que je suis un fruit de l’adversité, qui sait se dépouiller des titres et descendre de son piédestal pour se fondre dans la masse.
PS : le sel que j’ai en main sur la photo 9 est un sel spécial, si je dis que certains font le voyage principalement pour ce sel. Certains ne comprendront pas la puissance de ce sel. Désolé, je ne vous en dirai pas plus. Les photos 11 et 12 sont un moment extrêmement important car le moment où on va face à nos ancêtres. Grâce à ce simple geste, je peux citer mes ancêtres jusqu’à ma 6e ascendance..
N’oubliez surtout pas que je suis fils de roi donc double prince Bafang et à Batchingou.
TCHAKOUTE Ernest
Batchingou le 27/07/2025 –09h23