J’ai rédigé une série d’articles où j’expliquais qu’a ce stade des choses l’industrialisation de nos pays est une incongruité car on doit commencer par le plus facile, qui est le développement des services au lieu des industries lourdes (en 2026, un pays comme le Cameroun ne devrait plus être en train de lutter pour donner de l’énergie à son peuple).
— Dans ce texte, je vous donne ma lecture en tant d’intermédiaire financier. —
Il faut comprendre que lorsqu’on parle de contre-garantie, on parle d’une garantie que l’État donne sous forme de caution au financier lors de l’octroi du crédit.
L’objectif est de faciliter l’obtention de financements (prêts, cautionnements) en rassurant la banque mondiale qu’elle remboursera sa dette (Si on me fait appel en tant qu’intermédiaire financier, on cherchera une SBLC financière pour garantie de paiement).
Ce qui fait en sorte que si l’entreprise ne rembourse pas son prêt, l’organisme ou la g@r@ntie que l’État a donné comme contre-garantie sera saisi pour couvrir la non-solvabilité.
Dans notre cas, de façon simple, on dira que la contre-garantie, c’est la garantie souveraine émise par l’État pour recevoir son prêt.
Pour schématiser de façon simple, quand vous allez prendre un crédit dans une banque, elle vous demande une garantie qui sera saisie en cas de non-paiement, et dans le cas des États, on demande une garantie souveraine.
Dans nos pays, ces garanties sont généralement adossées aux minerais ou les richesses naturelles du pays, ou aux recettes fiscales futures. Parfois, on met en garantie une infrastructure (un port, un aéroport, une mine) qui sera saisie en cas de non-paiement.
Voir cet article que j’ai rédigé en 2021 qui expliquait comment l’Ouganda a perdu son principal aéroport au profit de la Chine https://www.startupane.com/raides-des-chinois-sur…/
Vous direz mais pourquoi la Banque mondiale me(n@)ce de suspendre ses financements au Cameroun ?
C’est simple si elle va prendre la garantie souveraine pour rembourser sa dette, c’est dire que l’État est un mauvais payeur et la notation du pays perdra des points et pourra rentrer dans la catégorie État en faillite et aucune autre institution ne voudra plus vous prêter d’argent.
Certains demanderont comment ils seront ?
Pour information, il faut savoir qu’il existe des plateformes dites des centrales de risque, qui sont généralement une plateforme centrale utilisée par les banques pour recenser les créanciers insolvables (débiteurs défaillants). Cette centrale des risques est gérée par les banques centrales. Celle de l’Afrique centrale est gérée par la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC).
En plus de la b(an)que mondiale, chaque pays a également sa centrale de risque.
Elle permet de centraliser les informations sur les crédits et les impayés pour évaluer le risque de crédit des différents demandeurs. Son rôle permet de collecter les données des banques commerciales sur les emprunteurs défaillants ou à haut risque.
Ceci pour éviter le surendettement et permettre aux banques d’évaluer la solvabilité d’un client avant d’accorder un prêt.
C’est pourquoi, parfois, vous donnez toutes les garanties et remplissez toutes les conditions pour avoir un prêt, mais la banque vous refuse les fonds ; elle ne vous dira jamais que vous avez un historique de dette défavorable, ce qui vous place comme un client à risque. Il faut savoir que, même si vous êtes allé dans une autre banque, dans un autre pays, votre institution financière a la capacité de voir votre indice de risque.
Vous pouvez voir le site de la Centrale des Risques des Établissements de Microfinance (CREMF)
Revenant à ce que je disais de l’@bs&rdite de vouloir absolument s’indutri@lis€r.
Nos pays sont déjà trop en retard sur le reste du monde, vouloir s’industrialiser à ce stade reste un non-sens.
C’est pourquoi nous devrions plutôt ouvrir le pays aux services.
Pour le faire, on doit travailler au préalable quelques points, pousser le plus loin possible le principe de David Ricardo, où chaque pays doit identifier précisément ses vrais avantages comparatifs et les pousser le plus loin possible afin d’être les meilleurs dans leur domaine.
Dans cette dynamique, elle doit :
1 – Travailler sur les personnes et l’État
(…)
2. Mettre en place des infrastructures et un environnement des affaires prévisible.
Dans une démarche précise où l’État sait où il va, il doit, en plus d’avoir travaillé sur les personnes (les esprits et la mentalité) et le circuit des ressources :
– Construire des routes.
(…)
– Mettre en place une connectivité numérique de qualité (internet haut débit stable).
– Aménager les ports.
– Construire des aéroports aux normes internationales.
– Rendre l’accès au pays très facile (visa gratuit ou visa à l’arrivée pour tous, ou pour les ressortissants des pays où les investisseurs sont ciblés).
– Sélectionner les entrants dans le pays (exiger un montant raisonnable pour le séjour, par exemple prouver à la police des frontières qu’on a un minimum de 200 € par jour).
– Mettre en place des cadres réglementaires clairs.
– Créer des systèmes de protection des droits de propriété et des entreprises.
– Simplifier l’administration pour que les entrepreneurs locaux et étrangers investissent sur le long terme.
– Offrir des conditions fiscales avantageuses aux entreprises étrangères qui s’installent dans le pays.
– Accorder une exonération fiscale de 100% pendant 2 à 5 ans aux entreprises qui délocalisent leur direction générale ou leur R&D dans le pays.
– Accorder une exonération fiscale de 100 % pendant 10 à 20 ans pour ceux qui délocalisent leurs usines.
– Créer un cadre juridique pour l’encadrement des holdings créées dans le pays.
– Exonérer d’impôt toutes les holdings qui s’installent dans le pays.
– Créer un cadre juridique pour l’encadrement des trusts créés dans le pays.
– Exonérer d’impôt tous les trusts créés dans le pays.
– Créer des cadres exigeant que chaque étranger s’associe toujours à un citoyen local, soit en actions, en participation ou en administration, pour créer une entreprise (cette mesure permet au citoyen local de voir et de comprendre ce que l’autre fait et de pouvoir facilement le copier).
– Signer des accords de non-double imposition avec de nombreux pays.
– Conclure des accords de protection des investissements étrangers.
– Supprimer les taxes sur les dividendes aux actionnaires, sous forme de prélèvement forfaitaire unique (PFU), connu dans les pays anglo-saxons comme la « flat tax ».
– Au Cameroun, la « flat tax » ou PFU est appliquée au taux unique de 30%, comprenant 12,8% pour l’impôt sur le revenu (IR) et 17,2% de prélèvements sociaux.
– À Singapour, la « flat tax » sur les dividendes distribués à une société résidente fiscale est de seulement 5%.
– À l’île Maurice, les dividendes distribués par des sociétés mauriciennes à des actionnaires résidents sont totalement exonérés d’impôt, sans retenue à la source appliquée localement. C’est un avantage fiscal majeur qui incite les investisseurs à s’installer dans le pays.
– Hong Kong n’applique pas d’impôt sur les dividendes, que l’actionnaire soit résident ou non-résident. C’est pourquoi, dès 2026, nous créerons une succursale de notre entreprise à Hong Kong.
– Créer des conditions attractives pour attirer les travailleurs hautement qualifiés et les diplômés.
– Mettre en place des zones franches pour préparer l’accueil des industries étrangères.
– Plus important encore, garantir une sécurité maximale : le pays doit être sécurisé pour rassurer les étrangers.
– Sans oublier la stabilité politique.
– La liste est non exhaustive.
3 – Travailler sur l’attractivité du pays – Développer des services avant les usines
(…)
– Stabiliser l’État et imposer la discipline.
– lutter farouchement contre la corruption.
– Attirer le capital et l’industrie étrangers.
– Investir massivement dans le capital humain et le logement.
– Construire un capitalisme d’État performant.
– travailler sur la sécurité du pays.
– avoir une justice forte, indépendante et juste.
Quand vous avez ces points :
Les banques viendront s’installer,
Les hôtels viendront.
Les compagnies d’assurances
Les datacenters
Les entreprises de négoce
Les institutions financières
Les startups viendront.
Le pays s’ouvrira et viendra avec sa technologie.
Mais nous voulons nous lancer dans l’industrialisation lourde, pourtant rien n’est assaini.
Voici les risques de la saisie de la contre-garantie.
— pression immédiate sur la trésorerie de l’État.
– Dégradation de la signature souveraine
– Augmentation du coût des futurs financements.
– Risque de gel d’autres projets financés par la Banque mondiale.
– Activation des garanties = dette publique indirecte.
— Ça devient un signal négatif pour les investisseurs internationaux.
– une perte de crédibilité dans les montages en project finance.
Que fera l’État ?
L’État camerounais, pour ne pas se retrouver dans une situation de saisie de la contre-garantie, se retournera vers les entreprises locales.
L’État sollicitera les banques locales pour un prêt, ce qui augmentera la dette intérieure du pays.
Ce problème n’est pas énergétique.
C’est un problème de structuration des flux financiers dans la chaîne de valeur de l’électricité.
Nous verrons ceci en profondeur lors de notre tourisme entrepreneurial qui parlera de l’intermédiation financière du 26 au 29 mars à l’île Maurice.
Voir ici
Douala le 22/02/2026 — 19h23