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La guerre Iran-Irak, connue en Iran sous le nom de guerre imposée (en persan : Jang-e-tahmili) ou Défense sacrée (en persan : Defā’e moghaddas) et en Irak sous le nom de Qādisiyyah de Saddam est une guerre qui a opposé l’Iran à l’Irak entre le 22 septembre 1980, date de l’invasion irakienne de l’Iran, et le 20 août 1988. La guerre s’inscrit dans la lignée des multiples dissensions liées aux litiges frontaliers opposant les deux pays. Elle est également due aux appréhensions des conséquences de la révolution iranienne de 1979 qui porte l’ayatollah Khomeini au pouvoir, le gouvernement sunnite irakien de Saddam Hussein craignant que cette dernière n’attise les desseins révolutionnaires de la majorité chiite longuement réprimée. Le conflit s’explique également par la volonté de l’Irak de remplacer l’Iran en tant que puissance dominante du golfe Persique.
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Espérant tirer profit de l’instabilité politique postrévolutionnaire régnant en Iran, l’Irak attaque sans avertissement formel en bombardant des bases aériennes iraniennes le 20 septembre 1980, pénétrant sur le territoire iranien deux jours plus tard. Malgré l’effet de surprise, l’invasion irakienne ne connaît pas le succès escompté, ne réalisant que des gains territoriaux très limités, et est rapidement repoussée par une série de contre-attaques iraniennes. En juin 1982, l’Iran parvient à regagner le territoire perdu après l’attaque irakienne, et adopte une posture offensive pour le reste du conflit. Les deux pays comptent sur leurs revenus pétroliers pour subvenir à leurs besoins militaires, induisant une forte augmentation des exportations de barils, directement liée au conflit.
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La guerre Iran-Irak a souvent été comparée à la Première Guerre mondiale du fait de la nature des tactiques militaires employées par les deux camps. Le conflit se caractérise par une forme de guerre de tranchées, du fait des grandes armées dont disposaient les deux belligérants, contrastant avec le peu de blindés, d’aviation, et d’aptitude pour des opérations combinées. La guerre voit ainsi l’utilisation de fils de barbelés s’étendant le long des tranchées, de postes de mitrailleuse, de charges à la baïonnette, ainsi que d’attaques par vagues humaines, tactiques militaires induisant un nombre considérable de pertes pour les armées des deux camps. Le conflit se démarque également par l’utilisation intensive d’armes chimiques par l’Irak, et par de multiples attaques visant les populations civiles.
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L’Irak reçoit le soutien d’une grande partie de la communauté internationale, notamment des soviétiques, ainsi que de nombreux pays occidentaux et arabes. L’Iran demeure quant à lui largement isolé tout au long du conflit. Après huit années de guerre, la lassitude du conflit qui s’installe, associée à la dégradation rapide des relations entre les États-Unis et l’Iran, mais aussi au déclin du soutien de la communauté internationale pour l’Irak, mène à l’acceptation d’un cessez-le-feu négocié par l’ONU. Le conflit se conclut de fait par un statu quo ante bellum, les deux pays acceptant de revenir aux accords territoriaux d’Alger de 1975.
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On estimera à la fin du conflit que seraient morts plus d’un demi-million de soldats iraniens et irakiens, et en outre un nombre équivalent de civils. Le nombre de blessés approchait également 500 000 pour chacun des deux camps. Considérée comme l’un des conflits les plus importants du xxe siècle, la guerre Iran-Irak ne donnera lieu à aucune réparation, et n’induit pas de changements territoriaux. Plusieurs milices locales prennent part au conflit : l’Organisation des moudjahiddines du peuple iranien s’allie à l’Irak baassiste, et de l’autre côté les milices kurdes irakiennes du Parti démocratique du Kurdistan et de l’Union patriotique du Kurdistan combattent aux côtés des forces armées iraniennes. Ces milices sorteront, pour une grande partie, largement affaiblies à l’issue du conflit.
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En 1979, le Shah d’Iran est renversé par la révolution islamique. L’ayatollah Rouhollah Khomeini proclame la république islamique après le départ forcé du souverain déchu, en février 1979. Khomeini s’était exilé en Irak de 1964 au 16 octobre 1978, puis en France jusqu’au mois de janvier 1979, après avoir été expulsé d’Irak pour son activisme pro-chiite. Après le succès du référendum sur l’installation d’un régime islamique en Iran, remporté officiellement à 98 % par le « oui », il appelle dès 1980 les Irakiens à renverser le régime de Saddam Hussein arrivé au pouvoir un an plus tôt. Son objectif est de promouvoir le mouvement islamique à travers tout le Proche-Orient.
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Il s’ensuivit une série fort longue d’incidents frontaliers d’ampleur croissante : suivant un mémorandum officiel irakien, les forces iraniennes auraient commis, du 23 février 1979 au 26 juillet 1980, pas moins de « 244 actes de violation de frontières ou d’agression contre l’Irak », faisant l’objet de 240 notes officielles de protestation de Bagdad à Téhéran. Le président Saddam Hussein, selon son habitude, aura voulu précéder l’événement et contenir un déferlement de la révolution khomeiniste que ses services de renseignement jugent, à travers plusieurs indices, imminent.
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C’est pourquoi Saddam Hussein, redoutant l’ascension de Khomeini et son regain de popularité dans le monde musulman, attaque l’Iran le 22 septembre 1980, sous le motif du désaccord frontalier. Lorgnant depuis longtemps plusieurs territoires iraniens, il espère ainsi faire disparaître le régime fondamentaliste et réduire son influence sur le mouvement islamique, souhaitant lui-même prendre la gouvernance dans le monde arabe. Ses objectifs affichés sont :
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obtenir le déplacement de la frontière entre l’Irak et l’Iran sur la rive orientale du Chatt-el-Arab pour assurer une meilleure sécurité à la région de Bassorah ;
obtenir la restitution des trois îles du détroit d’Ormuz annexées par le Shah en 1971 et soustraire ainsi le détroit à une emprise exclusivement iranienne ;
provoquer éventuellement un soulèvement dans la province iranienne du Khuzestan, peuplée d’Arabes (Arabistan pour l’Irak), et l’annexer.
À cette époque, l’Irak était un pays économiquement et militairement puissant dans le golfe Persique, grâce aux revenus des pétrodollars, et à une politique de modernisation que Saddam Hussein avait mise en place dans son pays (école obligatoire pour les garçons et les filles, politique volontariste et une élite irakienne de plus en plus nombreuse et importante). Les grandes puissances, inquiètes de l’apparition de la République islamique iranienne, voyaient en l’Irak un pays qui pourrait évoluer vers la laïcité et le modernisme et faire contrepoids à l’Iran. C’est pourquoi elles ne s’opposent pas dans un premier temps à l’offensive irakienne, allant jusqu’à la soutenir ensuite. C’est en particulier le cas de l’URSS, de la France et des États-Unis. On peut cependant noter que l’Iran est un pays 3 fois plus peuplé et 4 fois plus vaste que l’Irak.
Le 28 septembre 1980, la résolution 479 de l’ONU (en) demande un cessez-le-feu immédiat mais sans exiger le retrait par l’Irak des territoires iraniens qu’elle occupe.
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Cependant, en dépit de la puissance de l’armée irakienne, le conflit s’enlise rapidement. L’erreur initiale de Saddam Hussein est de croire que les importantes purges menées au sein des forces armées par Khomeini ont considérablement affaibli le potentiel militaire et défensif du pays (les forces armées iraniennes sont alors passées de 500 000 hommes en 1979 à 250 000 hommes à la veille de la guerre). En fait, la plus forte résistance à l’avancée des troupes irakiennes viendra surtout de la milice chiite créée par Khomeini le 5 mai 1979, le « corps des Gardiens de la révolution islamique », que plus de 500 000 personnes rejoindront au cours du conflit. La seconde erreur du président irakien vient de sa surestimation de la puissance militaire de son pays. Si l’armée irakienne est largement pourvue en équipements modernes, elle manque d’encadrements de qualité et expérimenté pour mener une guerre de cette envergure. Cette situation se ressentira particulièrement pour l’armée de l’air dont les échecs initiaux (bombardements peu précis, problèmes de logistique) faciliteront grandement la contre-offensive iranienne.
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Début 1981, l’armée iranienne contre-attaque et parvient à libérer l’essentiel de son territoire début 1982. En juin de cette même année, l’Irak décrète un cessez-le-feu, mais voit son territoire envahi à son tour le mois suivant.
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Après deux ans de guerre, la position de l’Iran se radicalise : il s’agit désormais de réduire la puissance de l’Irak, de destituer Saddam Hussein et de le remplacer par un régime islamique.
L’affrontement militaire se double d’une guerre des symboles.
L’offensive irakienne de 1980 est baptisée Kadisiyya, en référence à la conquête de l’Iran par les Arabes au VIIe siècle. Les contre-offensives iraniennes sont nommées Kerbela 1, 2, etc., évoquant le combat des premiers chiites contre le pouvoir sunnite.
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Du côté iranien, l’enrôlement de masse, y compris de très jeunes garçons, s’accompagne d’une exaltation des martyrs. Il est arrivé que les jeunes volontaires endoctrinés se précipitent sur les champs de mines. La population civile est fortement mise à contribution, pour compenser les graves carences (dues aux purges khomeinistes) de l’armée régulière.
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Du côté irakien, on bénéficie de techniciens professionnels formés à l’occidentale (Garde républicaine). La faible capacité offensive de l’armée et la médiocrité des généraux irakiens pourraient être compensées par l’utilisation d’armements toujours plus sophistiqués (bombes à guidage laser, chars de nouvelles générations), mais les conscrits, souvent chiites et kurdes, sont peu armés et ne servent qu’à freiner le premier élan des attaques ennemies.
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La ligne de front se stabilisa à la frontière commune, malgré de nombreuses offensives de part et d’autre, il n’y eut pas de percée majeure pendant plus de six ans.
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L’Irak compte sur la puissance et la modernité de son aviation, alors très largement supérieure à l’aviation iranienne (très affaiblie par les purges et l’embargo économique) et l’armée iranienne sur l’enrôlement de masse de sa population dans ses milices.
En 1988, l’armée irakienne reprend le dessus, avant d’être vaincue lors de l’opération Mersad (26 – 30 juillet 1988) qui est la dernière grande bataille de la guerre. Le 18 juillet, Khomeini accepte le cessez-le-feu exigé par la résolution 598 du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (en) et le secrétaire général de l’Organisation peut annoncer la fin des hostilités actives pour le 20 août à 03 h 00 GMT.
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Dans une lettre datée du 14 août 1990, Saddam Hussein accepte de revenir aux accords d’Alger de 1975 : il libère une partie des prisonniers de guerre (les derniers prisonniers de guerre ne seront libérés que plus de dix ans après la fin des hostilités) et l’armée irakienne quitte les territoires occupés. Dans les faits, c’est un retour au statu quo ante. Cependant, aucun traité de paix ne viendra formaliser ce retour, et ce n’est qu’en 2005 que Hoshyar Zebari (ministre des Affaires étrangères irakien) annonce que les deux pays envisagent un tel traité.
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Au total, les dépenses militaires, pertes en produit intérieur brut et capitaux non investis auraient dépassé 500 milliards de dollars pour les deux pays. L’Iran estime officiellement à 300 milliards de dollars le prix de la reconstruction de son économie. L’Irak, pour sa part, l’évalue entre cinquante et soixante milliards de dollars.
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Les estimations des pertes en vies humaines sont de 300 000 à plus d’un million de morts iraniens et de 200 000 Irakiens, ce qui est très élevé pour un conflit régional. En Iran, lors de commémorations, les politiques et associations d’anciens combattants évoquent toujours le chiffre d’un million de morts, dont une grande partie des pertes étaient constituées de mineurs, de moins de 18 ans.
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Note d’Ernest Tchakoute
Cette guerre a une origine plus lointaine car les archives disent que :
Les rapports irano-américains trouvent leur obscur commencement dans un accord signé en 1856 à Constantinople, entre l’ambassadeur américain et le représentant du pays que l’on appelle encore, à l’international, la Perse. Désireux de desserrer l’étau dans lequel les influences rivales de la Russie tsariste et de l’Empire britannique maintiennent son pays, le jeune Shâh Naser od-Din cherche à multiplier les alliances, et le traité de commerce signé avec la jeune république suit de près celui signé en juillet avec le Second Empire français. La signature du traité n’est néanmoins pas suivie par l’entretien de relations permanentes, qui devront attendre la fin du siècle.
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Ensuite les USA soutenant un Régine dictatorial du Shah et ne voulant pas aller en confrontation direct avec l’Iran passe par l’Iraq pour attaquer le pays frère et la cause de cette guerre est suite à la crise des otages américains en Iran commence le 4 novembre 1979 et prend fin le 20 janvier 1981. Pendant 444 jours, cinquante-deux diplomates et civils américains sont retenus en otage.
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Le 4 novembre 1979 en fin de matinée, quelque 400 « étudiants » (parmi eux Ezzatollah Zarghami) prennent d’assaut l’ambassade des États-Unis à Téhéran. Plusieurs étudiants armés de gourdins et de lance-pierres parviennent à escalader les murs d’enceinte de l’ambassade et font face aux Marines. Les militaires américains tentent de les repousser pendant près de deux heures, à l’aide de gaz lacrymogène et de grenades assourdissantes, pendant que le personnel détruit les documents sensibles (passeports vierges, télégrammes diplomatiques et documents classifiés). La broyeuse n’étant pas suffisante, le personnel jette les documents à détruire dans des corbeilles à papier et y met le feu.
Lorsque les étudiants voient de la fumée noire s’échapper des fenêtres, ils considèrent que les Américains détruisent des preuves d’espionnage, ils forcent le passage, maîtrisent les Marines et envahissent le bâtiment. 53 personnes sont prises en otage, auxquelles s’ajoutent trois autres Américains, capturés dans le bâtiment du ministère des Affaires étrangères. Les étudiants réussissent à saisir des documents classifiés des services de renseignement américains, qui ont été publiés par la suite en Iran, en persan et, dans une moindre mesure, en anglais.
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Cette partie sera dans le livre en écriture vous comprendrez des choses dans ce monde pour votre gouverne sachez que le négoce et l’intermdiation financiere controlent l’économie mondiale
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LIRE UN ARTICLE SIMILAIRE ICI https://www.startupane.com/deux-ennemis/
Ernest Tchakoute
Douala le 10/10/2020 — 09H45
repost à Douala le 06/03/2026 — 10h56