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3 – TRAVAILLER SUR L’ATTRACTIVITÉ DU PAYS – DÉVELOPPER DES SERVICES AVANT LES USINES
Toute nation qui n’a pas immédiatement les moyens (technologiques, financiers, logistiques, humains) de s’industrialiser doit commencer par promouvoir les services.
3.1 – CAS DE LA CHINE
Ce qu’on ne dit pas aux naïfs Africains, c’est que même la Chine, qui est la nouvelle terre promise des Africains après la guerre de l’opium, a essayé sous Mao Zedong de sortir directement de la misère en lançant une campagne visant à transformer rapidement la Chine d’une économie agraire en une puissance industrielle moderne : le Grand Bond en avant (1958-1962).
Cette fameuse méthode de sortie de la misère s’est avérée être un échec catastrophique, aboutissant à l’une des pires famines de l’histoire de la Chine. Cette stratégie rocambolesque et hasardeuse de Mao Zedong, au lieu de rattraper son retard industriel sur l’Occident, ce fut un échec économique total : la production industrielle va chuter et le PIB par habitant de la Chine va rester parmi les plus bas au monde.
Et cette politique causera une pénurie alimentaire et décimera une bonne franche de la population chinoise : on aura entre 15 à 45 millions de morts entre 1959 et 1961. C’est sans doute ce que les idéologues de l’industrialisation africaine souhaitent que ça nous arrive. Il faut également noter qu’après cette stratégie catastrophique Mao Zedong sera mis de côté et on fera appel à un autre qui cette fois, a fait ses études en France, du nom de Deng Xiaoping.
Quand Deng Xiaoping prend les rênes du pays, il lance une révolution pour que les choses rentrent dans l’ordre vers 1978.
Pour cette révolution, Deng Xiaoping commencera par ouvrir le pays dans le domaine des services.
Voici ce que dit une recherche Google Gemini :
« Pour attirer les entreprises étrangères et sortir de la pauvreté, la Chine va mettre en œuvre une stratégie en 5 points :
A. Création des Zones Économiques Spéciales (ZES) :
Des zones pilotes (comme Shenzhen) vont êtrev créées pour expérimenter des politiques d’ouverture, offrir des incitations fiscales et réglementaires (faibles taxes, terres moins chères) aux entreprises étrangères, attirant ainsi les premiers investissements massifs.
B. Réformes de libéralisation :
Deng Xiaoping va initié des réformes permettant la libéralisation des salaires, des prix et le développement du secteur privé, créant un environnement économique plus flexible et attractif.
C. Investissements massifs dans les infrastructures :
le gouvernement va financer des infrastructures (ports, routes, énergie) pour réduire les coûts logistiques et soutenir la croissance, rendant l’accès au marché intérieur et aux exportations plus facile pour les entreprises étrangères.
D. Politiques d’attraction ciblées :
En offrant des coûts de main-d’œuvre bas (au début) et une structure de coûts avantageuse, la Chine va devenir un hub manufacturier, tout en développant des secteurs de haute technologie pour passer à une production à plus forte valeur ajouté.
E. Amélioration de l’environnement des affaires et des échanges:
Au fil du temps, la Chine va chercher à approfondir les échanges (technologiques, culturels, scientifiques) et va simplifier les procédures pour les investisseurs, reconnaissant que le marché intérieur était désormais aussi crucial que la production d’exportation. »
Allons, franchement, seuls ceux qui ferment les yeux par mauvaise foi pure peuvent nier l’évidence : la Chine a bel et bien commencé par les services pour se hisser là où elle est aujourd’hui.
Quand on n’a pas les reins assez solides ou les moyens pour rivaliser avec les gros bras ou les puissants de l’industrie, on ne fait pas semblant : on se concentre sur ce qui est à la portée de tous. Ce qui est intelligent, ce qui marche tout de suite. « Les services, point final.»
Ceux qui s’accrochent désespérément à leurs vieilles illusions d’usines miracles, ouvrez les yeux ou restez dans le déni.
L’histoire est claire, les faits sont têtus, et la réalité ne demande pas votre avis. Rester dans vos rêves et le monde avancera sans vous.
3.2 – CAS DE SINGAPOUR
Le cas de Singapour est tout aussi emblématique. Nous devrions nous attarder et comprendre comment ce pays est passé d’un port pauvre et surpeuplé à un État parmi les plus riches du monde, en combinant État stratège, ouverture internationale et investissement massif dans son peuple.
A. Stabiliser l’État et imposer la discipline Il faut noter que Singapour faisait partie de la Fédération de Malaisie, mais le 9 août 1965 marque un tournant historique : à la suite de tensions tribales entre les peuples de Malaisie et singapourien et en plus de leur extrême pauvreté, Singapour est expulsée de la Fédération de Malaisie et devient, malgré elle, une nation indépendante. Lee Kuan Yew, le leader du pays, annoncera la nouvelle à la télévision en larmes.
C’est le début d’une nouvelle ère pour la jeune cité-État. La région était une zone marécageuse, boueuse et sans ressources. Pour se développer, Singapour adoptera des réformes que toute nation qui veut progresser doit adopter. Contrairement à ce que ferait des illuminées africaines, elle ne décidera pas de s’industrialiser immédiatement.
Voici ce qu’elle fait :
- Après 1965, priorité absolue à la stabilité politique, à la sécurité, à la lutte contre la corruption et à une administration ultra-efficace.
- L’État fixe une vision claire, centralisée, avec un exécutif fort et une bureaucratie technocratique capable de planifier et d’exécuter rapidement. C’est ainsi qu’ils mettront sur pied par étapes.
B. Attirer le capital et l’industrie étrangers
Singapour abandonnera vite l’industrialisation protégée pour une stratégie export
(avantage comparatif) et ouverte aux multinationales : fiscalité attractive, zones
industrielles, port libre. L’Economic Development Board (EDB) sera créé pour attirer
des usines et des emplois, en échange de transferts de technologie, de formation et
d’intégration aux chaînes globales.
C. Investir massivement dans le capital humain et le logement
Le gouvernement aligne l’éducation et la formation technique sur les besoins des entreprises (manufactures, puis finance, high-tech, services). Programme de logement public (HDB) de grande ampleur : élimination des bidonvilles, propriété occupante pour la majorité, ce qui stabilise la société et soutient la productivité.
D. Construire un capitalisme d’État performant

Création d’institutions comme la Temasek et la GIC pour gérer des participations dans des entreprises stratégiques et investir l’épargne nationale à long terme.
L’État reste très présent dans l’économie, mais les entreprises publiques sont gérées sur une base commerciale, avec une culture de performance et une exposition à la concurrence internationale.
Voici le rôles de Temasek et GIC :

- Temasek Holdings : sera créée en 1974 pour détenir les actifs de l’État.
Son rôle : société d’investissement à long terme, agissant comme actionnaire actif.
Son mandat : investir dans un portefeuille d’entreprises locales et internationales (y compris la tech) pour générer des rendements durables, en se concentrant sur la valeur et la gouvernance.

- GIC Private Limited : sera créée en 1981 pour gérer les réserves de l’État, distinctement de Temasek. Rôle : gestion du fonds souverain. Mandat : investir les réserves de changes de Singapour dans des actifs à l’étranger (actions, obligations, immobilier, etc.) pour assurer des rendements à long terme.
On comprend clairement que Temasek est plus orientée vers l’actionnariat d’entreprises (souvent localement), tandis que GIC est plus axée sur la gestion pure des réserves financières nationales à l’échelle mondiale. Ces deux fonds gèrent plusieurs centaines de milliards de dollars et figurent parmi les plus importants au monde.
Dans un pays africain, le leader en place ferait de cela sa réserve personnelle et celle de sa famille. Après, on parlera de la « malédiction des ressources naturelles ».
E. Monter en gamme et diversifier les moteurs de croissance
Le pays passera progressivement du travail peu qualifié à l’industrie technologique, puis aux services à forte valeur ajoutée (finance, logistique, éducation, santé, hub régional).
Politique pragmatique et évolutive : chaque fois qu’un « palier » technologique est atteint, Singapour restructure pour viser plus haut, tout en gardant une macroéconomie stable (faible inflation, finances publiques solides, taux de change géré).
En gros, Singapour, pour se développer, commence par les services, car c’est
la chose la plus facilement jouable. De plus, lorsque vous développez votre
économie et invitez massivement les entreprises étrangères (en rendant certaines
taxes à 0%), de nombreuses banques, assurances, entreprises de négoce et grosses
multinationales ouvrent des bureaux.
Ainsi, il devient difficile de subir certains chocs économiques ou militaires, car les entreprises internationales servent de garantie et de bouclier de sécurité. Les services, restent la planche à billet facile. Les usines fantômes, c’est le piège.
Voici ce qu’on vous cache sur le rapport entre la Chine et Singapour : la Chine est ce qu’elle est aujourd’hui grâce à l’expertise de Singapour -Lisez-


Singapour, reste le « maître incontesté et caché » de la Chine moderne (années 1970)
Ce qu’on ne dit pas aux africains c’est que Singapour n’a pas seulement conseillé la Chine : elle lui a transmis des modèles concrets dès les années 1970, alors que Pékin cherchait désespérément une issue à son isolement post-Mao. Je vous donne des cas documentés sur son implication :
1. 1978 : Deng Xiaoping visite Singapour – le choc fondateur
Le 12 novembre 1978, Deng Xiaoping effectuera sa première visite officielle à Singapour, juste après le IIIe Plénière du 11e Comité Central (novembre 1978), qui lance les réformes.
Ce qu’il voit : un État-île sans ressources naturelles, passé de marécages à hub régional en 13 ans grâce a certains points qui ont déjà été cité plus haut a savoir : les zones franches, une bureaucratie efficace, une ouverture aux capitaux étrangers (Donc aux services ).
Ce jour Deng Xiaoping va déclarer publiquement que Singapour est un modèle à copier. C’est le seul pays que les leaders chinois citent explicitement comme référence.


2. 1978 : Échange de délégations industrielles
À la suite de la visite de Deng Xiaoping, des accords pour des missions industrielles croisées seront signés entre les deux pays. Des officiels chinois visiteront par la suite Singapour pour étudier :
- Gestion des Export Processing Zones (modèle repris pour Shenzhen)
- Economic Development Board (EDB) : agence unique pour attirer IDE
- Transfert de technologie via des coentreprises étrangères, par la suite la Chine achètera du matériel singapourien et importera le concept de « guichet unique » pour investisseurs (on est toujours dans les services les illuminés veulent commencer par les industries)
3. Fin 1970s : Influence sur les premières ZES chinoises
Les Special Economic Zones (SEZ) chinoises (Shenzhen, 1980) sont des modèles directement inspirés des zones franches de Singapour ou on a des :
- Exonérations fiscales totales
- Infrastructures prêtes (ports, routes)
- Main-d’œuvre formée + bas salaires
Par la suite le ministre du commerce Goh Keng Swee (architecte économique de Singapour) deviendra conseiller officiel de Deng Xiaoping dès 1979.
4. 1976 : Première délégation officielle chinoise à Singapour
En 1976, S. Rajaratnam (ministre singapourien des Affaires étrangères) mène la première délégation « amicale » à Pékin. Zhou Enlai approuve ASEAN et encourage les Chinois de Singapour à être loyaux.
par la suite pour avoir des accords concrets, la Chine permettra d’acheter du matériel capital à Singapour en priorité + échanges techniques sur l’urbanisme et la logistique portuaire.
5. Transfert d’expertise administrative (1970)
Dès le début des année 1970 des fonctionnaires chinois visiteront régulièrement Singapour pour étudier les système Singapourien :
- Anti-corruption, un système indépendant et intransigeant
- Urbanisme : (logement public) qui est base pour la réforme chinoise.
- Gestion portuaire : modèle repris pour Shanghai et Shenzhen Lee Kuan Yew (premier ministre singapourien) lui-même conseillera Deng Xiaoping sur la gouvernance pragmatique : « gouverner pour le peuple, pas pour l’idéologie ».
Leçon historique qu’il faut retenir
On doit garder a l’esprit et être humble comme les chinois eux même en reconnaissant que Singapour est le laboratoire grandeur nature pour la Chine. Sans ressources, sans armée massive, Singapour a montré qu’un État stratège plus une ouverture sélective et un capital humain est égale à un décollage garanti.
Lorsqu’on suit l’actualité chinoise jusqu’à ce jour Xi Jinping l’actuel premier ministre chinois cite encore Singapour comme exemple.
La dernière fois c’était et la plus récente c’était 2025 lors du sommet Chine-ASEAN. Ou Xi Jinping déclarera : Singapour reste notre professeur dans la gouvernance » il dira ensuite « Même avec notre taille et notre puissance, nous avons encore des leçons à tirer de Singapour dans la gestion efficace des talents, de la corruption et des flux financiers internationaux. » il ne dit pas dans l’industrie mais dans les flux financiers (encore des services)
Xi Jinping cite Singapour tous les 2-3 ans dans des discours officiels. Ce n’est pas du folklore : c’est une doctrine stratégique inscrite dans les plans quinquennaux chinois. On comprends que la Chine n’a JAMAIS abandonné son admiration pour le modèle singapourien.
UNE ANECDOTE SURREALISTE ENTRE LEE KUAN YEW ET LA CIA

Dans les premières années de l’indépendance de Singapour,Lee Kuan Yew affirme qu’un agent de la CIA a tenté de corrompre un officier de renseignement singapourien, puis de lui proposer une forte somme pour étouffer l’affaire.
Les faits documentés :
- En 1960, une opération de la CIA visait à obtenir des informations sensibles via un officier de la Special Branch (services de sécurité) de Singapour. Cet agent a été piégé et arrêté par les autorités locales après que l’officier ait signalé l’approche.
- Ensuite un représentant de la CIA va lui propoer environ 3,3 millions de dollars (équivalent à beaucoup plus aujourd’hui) pour garder l’incident secret et libérer l’agent. Lee va refuser cette offre et l’a qualifiée d’insulte.
- Il va par l’occasion demander un soutien économique officiel (en millions de dollars) à la place d’un paiement personnel, marquant ainsi sa stratégie de défendre l’intérêt national plutôt que les intérêts d’agents étrangers.
- Lee va rendre ces détails publics lors d’une conférence de presse en 1965.
Ses accusations vont être immédiatement démenties par l’ambassadeur américain en Malaisie, James D. Bell, et le département d’État. Le porte-parole du département, Robert J. McCloskey, va nier avec véhémence les allégations d’implication de la CIA à Singapour.
Ce qui sous-entend que Lee Kuan Yew est un président qui ment en public, ce qui devient une très grosse faute morale sur le plan diplomatique.
Irrité par ces dénégations, Lee va par la suite inviter des journalistes dans son bureau et sortira des dossiers classés “top secret” et a produira la lettre d’excuses écrite par le secrétaire d’État Dean Rusk — datée du 15 avril 1961, sous l’administration Kennedy — où il s’est excusé pour la tentative d’espionnage et a indiqué son intention de discipliner les agents de renseignement fautifs.
Lee va également menacé de publier des rapports et des documents complets relatifs au complot de la CIA, prévoyant même de diffuser des enregistrements d’interrogatoires et de réunions à la radio de Singapour si le gouvernement américain continuait à nier ces allégations.
Ce qui poussera le secrétaire d’État américain Dean Rusk à attester qu’une interaction de la CIA avait eu lieu à Singapour et que Lee Kuan Yew disait la vérité.
Cette anecdote montre un conflit frontal entre le leader singapourien et la CIA, dans un contexte de Guerre froide et de rivalités d’influence régionale ceci démontre le caractère d’un grand homme d’Etat.
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3.3 – CAS DE L’ÎLE MAURICE