HEBERT Alexander Simon dit <Les pièces de monnaie paraissent plus larges aux enfants pauvres qu’aux enfants riches >
Cette maxime a pour objectif de dénoncer l’injustice psychologique et conditionnée qui existe entre la différence de perception de la même réalité entre le pauvre et le riche.
Le (pauvre) a un entendement démesuré. le riche relativise, dédramatise.
Ça veut dire que le riche comprend plus la réalité économique et financière que le pauvre.
Maintenant il faut se demander à quoi sert de donner des cours de géopolitique ou de guerre économique à une personne qui n’a pas encore résolu ses besoins primaires ?
L’objectif est clair : faire de lui un bouclier en lui donnant l’illusion d’appartenir à une élite intellectuelle. Pourtant il n’a pas encore résolu ses problèmes de subsistance.
Lorsqu’on comprend ceci, on peut entrer dans le vif du sujet.
Pendant que le monde traverse une phase extrêmement importante de son histoire avec la chute de l’empire américain et la décadence de l’Europe, de nombreuses personnes proposent des solutions qui devraient être implémentées en Afrique afin que nous puissions à notre tour rejoindre cette marche rapide du monde.
Cette réflexion abordée dans ce texte sera en partie centrée sur deux axes : l’un qui promeut l’industrialisation de l’Afrique pour sortir le continent de la dépendance et de la marginalisation – vision défendue par de nombreux Africains.
Et une vision promue par Ernest Tchakoute qui est convaincu que le développement de notre continent passera inexorablement par la promotion et la mise en place, dans un premier temps, des services au détriment des industries qui devront venir en soutien. Ceci étant dit, je m’attellerai à proposer ma vision avec des exemples concrets, accessibles, vérifiables et scientifiquement prouvés.
Les uns et les autres doivent retenir que je suis dans une analyse objective et scientifique, je ne vais pas tirer des conclusions logiques et hâtives de mon analyse parce que certains seront choqués par ce que je dis.
Leurs sentiments, qu’ils soient favorables ou pas à mon endroit, ne modifieraient rien à la réalité et je ne changerais pas de fusil d’épaule parce qu’ils sentiront mal.
Maintenant, celui qui veut, il prend le temps de lire le texte sans émotion et se demande si le modèle que je prône marche ou pas et si tel n’est pas le cas, qu’il propose mieux, je m’alignerai, mais je dis et redis, l’industrialisation de l’Afrique à ce stade est un mythe.
C’est pourquoi ceux qui auront la chance de lire ce texte doivent le garder jalousement, car s’ils ne me croient pas aujourd’hui, ils me donneront raison dans 20 ans.
1 – TRAVAILLER SUR LES PERSONNES ET L’ETAT

https://www.dw.com/fr/afrique-piege-matieres-premieres/a-75079492
De nombreux analystes font volontairement l’erreur de dire et redire que le continent africain regorge de matières premières et que la principale cause de la pauvreté réside dans le fait que ces pays exportent leurs ressources naturelles de façon brute, sans les transformer, et importent ensuite les produits transformés. Ce qui crée des emplois dans le pays transformateur et creuse la balance commerciale du pays africain, la rendant déficitaire.

https://www.dw.com/fr/afrique-piege-matieres-premieres/a-75079492
Cette analyse est partiellement vraie. Mais à force de la répéter, tout le monde regarde dans la fausse direction. Car, comme GOEBBELS le disait si bien, répéter un mensonge mille fois finit par devenir une vérité.
Pour mieux comprendre, remontons un peu en arrière et analysons notre situation à travers le prisme des théories économiques, qui commencent par la théorie de l’avantage comparatif.
Cette théorie, élaborée par l’économiste britannique David Ricardo (1772-1823), considéré comme l’un des pères du libre-échange, montre que chaque pays a intérêt à se spécialiser dans une ou plusieurs productions en fonction de ses atouts, afin de doper ses exportations et de rééquilibrer sa balance commerciale.
David Ricardo dit ceci : « Dans un système d’entière liberté de commerce, chaque pays consacre son capital et son industrie à tel emploi qui lui paraît le plus utile. Les vues de l’intérêt individuel s’accordent parfaitement avec le bien universel de toute la société.
C’est ainsi qu’en encourageant l’industrie, en récompensant le talent et en tirant tout le parti possible des bienfaits de la nature, on parvient à une meilleure distribution et à plus d’économie dans le travail.
En même temps, l’accroissement de la masse générale des produits répand partout le bien-être ; l’échange lie entre elles toutes les nations du monde civilisé par les nœuds communs de l’intérêt, par des relations amicales, et en fait une seule et grande société. C’est ce principe qui veut qu’on fasse du vin en France et au Portugal, qu’on cultive du blé en Pologne et aux États-Unis, et qu’on fasse de la quincaillerie et d’autres articles en Angleterre. »
(…)
« Si le Portugal n’avait aucune relation commerciale avec d’autres pays, au lieu d’employer son capital et son industrie à faire du vin avec lequel il achète aux autres nations le drap et la quincaillerie nécessaires pour son propre usage, ce pays se trouverait forcé de consacrer une partie de ce capital à la fabrication de ces articles, qu’il n’obtiendrait probablement qu’en qualité inférieure et en quantité moindre.
La masse de vin que le Portugal doit donner en échange pour le drap anglais n’est pas déterminée par la quantité respective de travail que la production de chacun de ces deux articles a coûté —ce qui arriverait s’ils étaient tous deux fabriqués en Angleterre ou au Portugal.
L’Angleterre peut se trouver dans des circonstances telles qu’il lui faille, pour fabriquer le drap, le travail de cent hommes par an, tandis que, si elle voulait faire du vin, il lui faudrait peut-être le travail de cent vingt hommes par an : il serait donc de l’intérêt de l’Angleterre d’importer du vin et d’exporter en échange du drap. Au Portugal, la fabrication du vin pourrait ne demander que le travail de quatre-vingts hommes pendant une année, tandis que la fabrication du drap exigerait le travail de quatre-vingt-dix hommes. Le Portugal gagnerait donc à exporter du vin en échange pour du drap.
Pour faire simple et l’implémenter chez nous
A – Chaque pays doit identifier précisément ses vrais avantages comparatifs
Comprendre par là qu’il doit commencer par cartographier ses ressources : type (pétrole, gaz, minerais, terres agricoles, eau), qualité, coûts d’extraction, position géographique, accès aux marchés.
Il va ensuite comparer ces atouts à ceux des concurrents : où le pays peut produire à coût d’opportunité plus faible (exemples : certains minéraux critiques, cultures tropicales spécifiques, énergies renouvelables).
B – Se servir de ces ressources pour se spécialiser
Donc, plutôt que d’exporter seulement le brut et d’attendre des rentes, le pays doit utiliser cet avantage relatif pour exiger, en plus des rentes, la formation de ses citoyens. Ces derniers deviendront des techniciens spécialisés dans la transformation de ces ressources. Par la suite, il imposera à chaque pays qui veut bénéficier de cette ressource de venir construire des écoles et des usines directement dans le pays de production.
C – Viser au minimum une première transformation locale
Raffinage, décorticage, trituration, assemblage…
Utiliser l’avantage comparatif comme point d’entrée dans une chaîne de valeur (minerai → concentré → métal → composants ; cacao → pâte → chocolat industriel, etc.), avec des objectifs clairs de montée en gamme.
D – Convertir cette rente en capital productif et humain
L’État doit ensuite consacrer une partie de la rente tirée des ressources naturelles à des fonds souverains, aux infrastructures, à l’éducation technique, à la santé et à l’innovation, au lieu de la dilapider en salaires politiques et en importations de luxe (sacs de grandes marques, bijoux extravagants, vêtements de haute couture, voitures en édition limitée, voyages inutiles en jet privé, consommation excessive de grands crus), comme on le voit trop souvent dans nos pays.
Il doit aussi investir dans la construction de compétences locales (ingénieurs, techniciens, logisticiens, financiers) pour réduire progressivement la dépendance vis-à-vis des firmes étrangères dans l’exploitation et la transformation des ressources.
Protéger l’économie de la soi‑disant « malédiction des ressources »
Dans les pays où les matières premières sont au cœur de l’économie, on observe fréquemment, à un moment de leur histoire, des crises profondes qui se soldent parfois par des pertes inutiles en vies humaines.
Ces crises surviennent souvent lorsque des dirigeants se retrouvent soudain à la tête de sommes colossales déversées dans le pays et qu’ils oublient volontairement qu’il s’agit d’un argent à redistribuer pour le bien de toute la population. Ils se comportent alors comme s’il s’agissait de leur propriété privée, laissant le reste du peuple dans une misère abjecte afin de mieux l’asservir le plus longtemps possible, car un peuple qui a faim ne pense qu’à se nourrir et à survivre.
Suite à tout ceci, une partie de la population se révolte, prend les armes pour réclamer un partage équitable des ressources, et suit une déchirure profonde de la nation.
C’est pourquoi, pour éviter cela, les États doivent veiller à la bonne redistribution des ressources et stabiliser la macroéconomie, en mettant sur pied des règles budgétaires strictes avec des fonds de stabilisation pour lisser les chocs de prix, et surtout avoir une gestion prudente du taux de change pour éviter que le secteur des ressources n’étouffe les autres secteurs.
E – Construire un État capable et intègre
Pour ce faire, le peuple doit être impliqué et se retrouver au centre de toutes les démarches. Car il est connu qu’aucun peuple ne sort de la misère avec un État faible (entendre par là des institutions faibles).
Pour rendre ces institutions fortes, il faut renforcer les services publics, la justice, la capacité à collecter l’impôt et à lutter contre la corruption, afin que chaque centime public finance réellement le bien-être collectif et non pas les intérêts privés ou pour graisser la patte des agents de l’État.
2. METTRE EN PLACE DES INFRASTRUCTURES ET UN ENVIRONNEMENT DES AFFAIRES PRÉVISIBLES
Dans une démarche précise où l’État sait où il va, il doit, en plus d’avoir travaillé sur les personnes (les esprits et la morale) et le circuit des ressources :
– Construire des routes.
– Créer les conditions pour une énergie stable, constante et à bon prix.
– Mettre en place une connectivité numérique de qualité (internet haut débit stable).
– Aménager les ports.
– Construire des aéroports aux normes internationales.
– Rendre l’accès au pays très facile (visa gratuit ou visa à l’arrivée pour tous, ou pour les ressortissants des pays où les investisseurs sont ciblés).
– Sélectionner les entrants dans le pays (exiger un montant raisonnable pour le séjour, par exemple prouver à la police des frontières qu’on a un minimum de 200 € par jour).
– Mettre en place des cadres réglementaires clairs.
– Créer des systèmes de protection des droits de propriété et des entreprises.
– Simplifier l’administration pour que les entrepreneurs locaux et étrangers investissent sur le long terme.
– Offrir des conditions fiscales avantageuses aux entreprises étrangères qui s’installent dans le pays.
-Accorder une exonération fiscale de 100% pendant 2 à 5 ans aux entreprises qui délocalisent leur direction générale ou leur R&D dans le pays.
– Accorder une exonération fiscale de 100% pendant 10 à 20 ans pour ceux qui délocalisent leurs usines.
– Créer un cadre juridique pour l’encadrement des holdings créées dans le pays.
– Exonérer d’impôt toutes les holdings qui s’installent dans le pays.
– Créer un cadre juridique pour l’encadrement des trusts créés dans le pays.
– Exonérer d’impôt tous les trusts créés dans le pays.
– Créer des cadres exigeant que chaque étranger s’associe toujours à un citoyen local, soit en actions, en participation ou en administration, pour créer une entreprise (cette mesure permet au citoyen local de voir et de comprendre ce que l’autre fait et de pouvoir facilement le copier).
– Signer des accords de non-double imposition avec de nombreux pays.
– Conclure des accords de protection des investissements étrangers.
– Supprimer les taxes sur les dividendes aux actionnaires, sous forme de prélèvement forfaitaire unique (PFU), connu dans les pays anglo-saxons comme la « flat tax ».
– Au Cameroun, la « flat tax » ou PFU est appliquée au taux unique de 30%, comprenant 12,8% pour l’impôt sur le revenu (IR) et 17,2% de prélèvements sociaux.
– À Singapour, la « flat tax » sur les dividendes distribués à une société résidente fiscale est de seulement 5%.
– À l’île Maurice, les dividendes distribués par des sociétés mauriciennes à des actionnaires résidents sont totalement exonérés d’impôt, sans retenue à la source appliquée localement. C’est un avantage fiscal majeur qui incite les investisseurs à s’installer dans le pays.
– Hong Kong n’applique pas d’impôt sur les dividendes, que l’actionnaire soit résident ou non-résident. C’est pourquoi, dès 2026, nous créerons une succursale de notre entreprise à Hong Kong.
– Créer des conditions attractives pour attirer les travailleurs hautement qualifiés et les diplômés.
– Mettre en place des zones franches pour préparer l’accueil des industries étrangères.
– Plus important encore, garantir une sécurité maximale : le pays doit être sécurisé pour rassurer les étrangers.
– Sans oublier la stabilité politique.
– La liste est non exhaustive.
3 – TRAVAILLER SUR L’ATTRACTIVITÉ DU PAYS – DÉVELOPPER DES SERVICES AVANT LES USINES
PARTIE 2 A SUIVRE
Vous venez de lire les 8 pages du texte nous avons abordé le côté Etatique.
Douala le 21/01/2026 — 19h23